Amélie Blanc, Emma Grosbois

Résidence Pythéas / 2022-2023

Du 1er janvier au 31 décembre

Résidence Artistique à Marseille

La résidence Pythéas est une véritable bourse de création qui permet depuis trois ans de développer un projet particulier.

Tous les champs de la création photographique sont concernés. Les artistes sont soutenu·e·s et accompagné·e·s par le Centre Photographique Marseille afin de mener un travail artistique personnel en cours de réalisation, qu’il s’agit de poursuivre ou bien de terminer, sans obligation réelle de résultat. Pour la résidence Pytheas le choix des deux artistes, sélectionné·e·s chaque année par un jury indépendant, favorise les pratiques qui établissent des liens avec notre projet artistique, notamment les travaux qui questionnent (sans préférence particulière) le médium, les médias, l’histoire, la société, le territoire ou encore l’environnement. La période de création est comprise sur une durée variable, pour une durée totale de 2 mois (8 semaines consécutives ou non). Ces résidences s’adressent aux artistes vivants et travaillant sur le territoire régional. La résidence peut se faire sur différentes temporalités.


Amélie Blanc

Née en 1989 (Hyères) Vit et travaille à Arles. Après avoir effectué une Licence en langues étrangères et un Master en arts du spectacle à l’Université de Lyon, elle obtient le diplôme de l’Ecole nationale supérieure de la photographie de Arles en 2017. Parallèlement à ses projets d’éducation artistique et ses missions en médiation culturelle, elle développe son travail photographique dans le cadre de résidences ou d’appels à projet collectifs : Highlights pour La Recherche de L’art (Arles), Module Sud à La Factatory, Transpositions avec Studio Ganek (Lyon). C’est la recherche incessante de lumière qui guide sa pratique de la photographie. Qu’elle soit traversante, incidente ou réfléchissante ; qu’elle participe du processus de révélation ou d’altération de l’image, Amélie Blanc explore différents aspects de notre rapport à cette dernière. Son travail se donne à voir en une multitude d’épaisseurs. Dans chacune de ses images, dans leur mise en dialogue et dans leur dispositif d’ensemble, elle recherche un équilibre entre l’intense matérialité des choses et l’évanescence et la fugacité des perceptions.

"C’est au cours d’une lecture sur les troubles affectifs saisonniers que je découvre les termes luminothérapie et tanorexie. Traitement thérapeutique tardivement reconnu par la Haute Autorité de Santé, la luminothérapie consiste à exposer ses yeux à la lumière blanche quotidiennement. Elle peut se substituer aux traitements médicamenteux pour soigner les troubles du sommeil, de l’humeur ou des troubles dépressifs. Parallèlement à cela, le court-termisme et le jeunisme des sociétés de consommation entraînent des conduites excessives en matière de soleil : ce dernier peut être source d’addiction comportementale, appelée tanorexie. C’est à partir de cette ambivalence de notre rapport à la lumière, l’un bénéfique et l’autre néfaste, que j’ai entrepris ce projet. Cet ensemble d’images en constitue le premier volet, intitulé Sun City."

-Amélie Blanc

©Amélie Blanc

Emma Grosbois

Née en 1985 (Rennes), vit et travaille à Marseille.
"Ma pratique photographique explore les liens qui se tissent entre les lieux, les images
et la mémoire. Je constitue une recherche fragmentaire autour de l’espace urbain et de l’imaginaire qui lui est attaché en glanant des photographies, des documents et des récits. Mon approche sans renoncer aux codes de la photographie dite documentaire, laisse libre cours à l’expérimentation formelle. Comme, mon premier livre (co éditions Zoème Filigrane, 2020) articule deux archéologies : celle des lieux (à la fois intimes et publics) et celle du regard. En 2020, un travail de commande, pour l’exposition collective Rue d’Alger à l’occasion de la Biennale Manifesta 13, amorce une réflexion sur l’archive et le rôle des monuments dans la fabrication de l’espace urbain. Vaisseau Fantôme, mon dernier travail en cours, poursuit et complexifie cette articulation entre images et documents. Mon travail a été publié et exposé en France, en Italie et au Liban."

-Emma Grosbois

Vaisseau Fantôme interroge la figure de la ville et d’une ville en particulier : Marseille. Des vues urbaines, des maquettes historiques, des décors de cinéma des années 40 dans la ville contemporaine se superposent et s’enchevêtrent. Des mains – celles d’une gérante de café, d’un gardien de musée, du concierge d’un immeuble –nous montrent des indices, des directions, manipulent des papiers. Des images accrochées au mur ou conservées dans des tiroirs ouvrent des fenêtres vers des ailleurs. Une traversée des histoires au fil desquelles, entre matérialités brutes et configurations imaginaires parfois brutales, se fait et se défait la trame d’une ville.
Par le montage d’images du passé et du présent, il ne s’agit pas de comparer mais de regarder la complexité de l’histoire et de laisser apparaître les forces et les logiques à l’œuvre dans la fabrication de la ville et de ses représentations.
Vaisseau Fantôme a été initié en 2021 et a reçu le soutien du CNAP (2021), de l’aide à la création de la DRAC PACA (2022) et de la bourse de résidence Pythéas du Centre Photographique Marseille (2023). Ce travail a pu être mené à bien grâce à l’accueil du Musée d’Histoire de Marseille, du Musée des Docks Romains, du Palais de la Bourse, du Musée d’Histoire Naturelle et du Musée des Beaux-Arts de Marseille ainsi que des Archives Municipales de Marseille, des Archives Départementales des Bouches du Rhône, des Archives Nationales de la SNCF. Un livre est à venir aux éditions Zoème.


©Emma Grosbois


Visuel : Amélie Blanc

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