Été culturel 2024 - Rouvrir le monde

Le dispositif de l’été culturel – Rouvrir le monde est reconduit en 2024.

Les photographes ont la possibilité de candidater directement auprès de la DRAC Paca via la plateforme Démarches Simplifiées du 15 janvier au 03 mars 2024. Vous trouverez la charte de l’été culturel 2024 ci-joint.

Pour celles et ceux qui souhaitent être accompagné·e·s par le Centre Photographique Marseille, un formulaire de candidature sera ouvert jusqu’au 15 février 2024, ce qui laissera le temps aux photographes non sélectionné·e·s de candidater directement auprès de la DRAC Paca.

Une attention particulière sera apportée aux projets pour lesquels les photographes s’engageront véritablement dans un travail de création artistique, sans léser pour autant la part de transmission et de création partagée.

Cette année, le Centre Photographique Marseille pourra accompagner jusqu’à 12 projets de résidences.

Lien vers le formulaire de candidatures


Visuel de couverture : Jade Maily, Panser l’Olivier, 2023.

Résidence Pythéas / 2022-2023

La résidence Pythéas est une véritable bourse de création qui permet depuis trois ans de développer un projet particulier.

Tous les champs de la création photographique sont concernés. Les artistes sont soutenu·e·s et accompagné·e·s par le Centre Photographique Marseille afin de mener un travail artistique personnel en cours de réalisation, qu’il s’agit de poursuivre ou bien de terminer, sans obligation réelle de résultat. Pour la résidence Pytheas le choix des deux artistes, sélectionné·e·s chaque année par un jury indépendant, favorise les pratiques qui établissent des liens avec notre projet artistique, notamment les travaux qui questionnent (sans préférence particulière) le médium, les médias, l’histoire, la société, le territoire ou encore l’environnement. La période de création est comprise sur une durée variable, pour une durée totale de 2 mois (8 semaines consécutives ou non). Ces résidences s’adressent aux artistes vivants et travaillant sur le territoire régional. La résidence peut se faire sur différentes temporalités.


Amélie Blanc

Née en 1989 (Hyères) Vit et travaille à Arles. Après avoir effectué une Licence en langues étrangères et un Master en arts du spectacle à l’Université de Lyon, elle obtient le diplôme de l’Ecole nationale supérieure de la photographie de Arles en 2017. Parallèlement à ses projets d’éducation artistique et ses missions en médiation culturelle, elle développe son travail photographique dans le cadre de résidences ou d’appels à projet collectifs : Highlights pour La Recherche de L’art (Arles), Module Sud à La Factatory, Transpositions avec Studio Ganek (Lyon). C’est la recherche incessante de lumière qui guide sa pratique de la photographie. Qu’elle soit traversante, incidente ou réfléchissante ; qu’elle participe du processus de révélation ou d’altération de l’image, Amélie Blanc explore différents aspects de notre rapport à cette dernière. Son travail se donne à voir en une multitude d’épaisseurs. Dans chacune de ses images, dans leur mise en dialogue et dans leur dispositif d’ensemble, elle recherche un équilibre entre l’intense matérialité des choses et l’évanescence et la fugacité des perceptions.

"C’est au cours d’une lecture sur les troubles affectifs saisonniers que je découvre les termes luminothérapie et tanorexie. Traitement thérapeutique tardivement reconnu par la Haute Autorité de Santé, la luminothérapie consiste à exposer ses yeux à la lumière blanche quotidiennement. Elle peut se substituer aux traitements médicamenteux pour soigner les troubles du sommeil, de l’humeur ou des troubles dépressifs. Parallèlement à cela, le court-termisme et le jeunisme des sociétés de consommation entraînent des conduites excessives en matière de soleil : ce dernier peut être source d’addiction comportementale, appelée tanorexie. C’est à partir de cette ambivalence de notre rapport à la lumière, l’un bénéfique et l’autre néfaste, que j’ai entrepris ce projet. Cet ensemble d’images en constitue le premier volet, intitulé Sun City."

-Amélie Blanc

©Amélie Blanc

Emma Grosbois

Née en 1985 (Rennes), vit et travaille à Marseille.
"Ma pratique photographique explore les liens qui se tissent entre les lieux, les images
et la mémoire. Je constitue une recherche fragmentaire autour de l’espace urbain et de l’imaginaire qui lui est attaché en glanant des photographies, des documents et des récits. Mon approche sans renoncer aux codes de la photographie dite documentaire, laisse libre cours à l’expérimentation formelle. Comme, mon premier livre (co éditions Zoème Filigrane, 2020) articule deux archéologies : celle des lieux (à la fois intimes et publics) et celle du regard. En 2020, un travail de commande, pour l’exposition collective Rue d’Alger à l’occasion de la Biennale Manifesta 13, amorce une réflexion sur l’archive et le rôle des monuments dans la fabrication de l’espace urbain. Vaisseau Fantôme, mon dernier travail en cours, poursuit et complexifie cette articulation entre images et documents. Mon travail a été publié et exposé en France, en Italie et au Liban."

-Emma Grosbois

Vaisseau Fantôme interroge la figure de la ville et d’une ville en particulier : Marseille. Des vues urbaines, des maquettes historiques, des décors de cinéma des années 40 dans la ville contemporaine se superposent et s’enchevêtrent. Des mains – celles d’une gérante de café, d’un gardien de musée, du concierge d’un immeuble –nous montrent des indices, des directions, manipulent des papiers. Des images accrochées au mur ou conservées dans des tiroirs ouvrent des fenêtres vers des ailleurs. Une traversée des histoires au fil desquelles, entre matérialités brutes et configurations imaginaires parfois brutales, se fait et se défait la trame d’une ville.
Par le montage d’images du passé et du présent, il ne s’agit pas de comparer mais de regarder la complexité de l’histoire et de laisser apparaître les forces et les logiques à l’œuvre dans la fabrication de la ville et de ses représentations.
Vaisseau Fantôme a été initié en 2021 et a reçu le soutien du CNAP (2021), de l’aide à la création de la DRAC PACA (2022) et de la bourse de résidence Pythéas du Centre Photographique Marseille (2023). Ce travail a pu être mené à bien grâce à l’accueil du Musée d’Histoire de Marseille, du Musée des Docks Romains, du Palais de la Bourse, du Musée d’Histoire Naturelle et du Musée des Beaux-Arts de Marseille ainsi que des Archives Municipales de Marseille, des Archives Départementales des Bouches du Rhône, des Archives Nationales de la SNCF. Un livre est à venir aux éditions Zoème.


©Emma Grosbois


Visuel : Amélie Blanc

Patrimoine Commun / Commande publique 2022

Patrimoine Commun répond au double objectif pour le Département des Bouches-du-Rhône de soutenir les artistes fortement fragilisé·e·s du fait de la crise sanitaire, et de valoriser le territoire des Bouches-du-Rhône.

Le thème « Patrimoine Commun » a pu être abordé totalement librement et avec des points de vue très divers : historique, contemporain, architectural, écologique, humain, animal, végétal... Chaque artiste a été accompagné par le CPM dans sa démarche.

Pour l’édition 2022 six artistes ont été selectioné·es, suite à un appel à candidatures, pour parcourir le territoire :
Grégoire EDOUARD, La Roque-d’Anthéron
Pascal GRIMAUD, Le Paradou
Thomas HAUSER, Baux-de-Provence
Nina MEDIONI, Istres
Emma RIVIERA, Salin-de-Giraud
Iris WINCKLER, Cabriès

Composition du jury de Patrimoine Commun 2022 :
• Michel Poivert, historien de la photographie et commissaire d’exposition
• Delphine Paul, directrice des études et de la recherche de l’ENSP d’Arles
• Gaël Sillère, artiste-photographe, lauréat 2021 Patrimoine Commun
• Géraldine Lay, photographe et éditrice chez Actes Sud
• Erick Gudimard, directeur du Centre Photographique Marseille
• Hélène Audiffren, Conseillère pour les arts plastiques, DRAC PACA

Depuis 2020 la commande a concerné dix-huit communes du département : Auriol, Les Baux-de-Provence, Cabriès, Cassis, Châteauneuf-les-Martigues, La Ciotat, Istres, Mollégès, Le Paradou, Pélissanne, Port-Saint-Louis-du-Rhône, La Roque-d’Anthéron, Salin-de-Giraud, Saint-Cannat, Saint-Chamas, Sausset-les-Pins, Tarascon et Venelles.

Le temps d’un été, les photographes retenu·e·s ont parcouru chacun·e à leur manière un territoire donné, rencontré ses habitants, documenté le réel ou bien encore imaginé des univers.
De ces trois étés particuliers ; à la fois caniculaires, désertiques, touristiques, pandémiques, mystérieux, sauvages et humains ; se dégage une lecture métaphorique d’un état de la société en France. À la fois provincial et universel, hors du temps et totalement imprégné par la réalité du monde, ce panorama témoigne de notre époque, de ses tourments comme de ses moments de bonheur et d’insouciances.

Les images produites depuis trois ans pour cette commande font désormais partie du fond des Archives départementales des Bouches-du-Rhône.



La Roque-d’Anthéron ©Grégoire Edouard

Salin-de-Giraud ©Emma Riviera

Visuel : Le Paradou ©Pascal Grimaux

PATRIMOINE COMMUN / Commande publique 2021

Patrimoine Commun répond au double objectif pour le Département de soutien à la création et aux artistes, fortement fragilisé.e.s du fait de la crise sanitaire ; et de valorisation du territoire des Bouches du Rhône. Elle s’inscrit dans la suite logique de celle réalisée en 2020.

Un jury d’experts indépendants a désigné cinq artistes suite à un appel à candidatures qui a réuni 32 propositions. Le temps d’un été, les artistes retenu.e.s ont parcouru à leur manière un territoire donné, rencontré ses habitants, documenté le réel ou imaginé des univers.


Les lauréat.e.s désigné.e.s de l’année 2021 sont :
Valentine Vermeil : Châteauneuf-les-Martigues
Karina Juarez : La Ciotat
André Mérian : Pelissanne
Stefano Marchionini  : Saint-Chamas
Gaël Sillere : Tarascon

Le jury de sélection était composé cette année par :
• Hélène Audiffren, conseillère pour les arts plastiques à la DRAC PACA
• Alexandre Field, architecte
• Erick Gudimard, directeur du Centre Photographique Marseille
• Nicolas Misery, directeur adjoint des musées de Marseille
• Delphine Paul, directrice des études et de la recherche de l’ENSP d’Arles
• Aurore Valade, artiste-photographe
• Véronique Traquandi, Chargée de missions arts visuels du Département des Bouches-du-Rhône

Karina Juarez a ainsi exploré l’ile verte de La Ciotat, cherchant les traces d’une présence humaine. Les photographies Stefano Marchionini restituent une ambiance sensorielle propre aux lieux arpentés à Saint-Chamas. A Pelissanne, André Mérian a composé des paysages photographiques sur des motifs « sans importance », mais aussi des représentations humaines, postures statiques et sans artifice. Sur les traces du mythe de la Tarasque, Gaël Sillère nous propose Liqueur noire, série aux accents fictionnels se déroulant sur les bords du Rhône à Tarascon, entre un château médiéval et une usine vieillissante. Enfin, à Châteauneuf-les-Martigues, Valentine Vermeil est partie à la recherche de personnes qui ont choisi de vivre dans l’espace naturel environnant, de faire corps avec la nature, de s’intégrer au paysage et d’être en symbiose avec les éléments et le vivant.


. Pélissanne ©André Mérian

Saint-Chamas © Stefano Marchionini


Visuel : Karina Juarez, Patrimoine commun, 2021, La Ciotat

PATRIMOINE COMMUN / Commande publique 2020

Suite à la crise du COVID-19, Patrimoine Commun, commande photographique exceptionnelle, réalisée grâce au soutien du département des Bouches du Rhône, permet à 7 auteur.e.s du département de travailler durant un été dans 7 communes du département, toutes Capitales provençales de la Culture 2020.


Le jury d’experts a sélectionné ces sept artistes et leur projet parmi 28 candidatures :

Vincent Beaume : Saint- Cannat
Philippe Conti : Port Saint-Louis
Pierre Girardin : Venelles
Anne Loubet : Sausset-les-Pins
Franck Pourcel : Auriol
Aurore Valade : Mollèges
VOST Collectif : Cassis

Le jury Patrimoine Commun 2020 était composé de :

• Sarah Piegay Espenon, Fondatrice de Loose Joints Editions
• Nicolas Misery, Adjoint au Directeur des Musées de Marseille, Conservateur du patrimoine - Responsable des expositions
• Thomas Mailaender, Artiste
• Véronique Traquandi, Chargée de missions arts visuels du Département des Bouches-du-Rhône
• Thomas Pierre, Responsable du pôle projets stratégiques et développement culturel du Département des Bouches-du-Rhône
• Erick Gudimard, directeur du Centre Photographique.

Cette commande répond au double objectif de soutien la création et aux artistes -fortement fragilisé.e.s du fait de la crise sanitaire, et de valorisation du territoire des Bouches du Rhône.

Le thème Patrimoine Commun, en cette période particulière du post confinement, a pu être abordée d’un point de vue très large : historique ou contemporain, architectural, écologique, humain, animal ou végétal.
Chaque artiste a développé librement son projet sans contrainte, avec l’accompagnement artistique du Centre Photographique Marseille. Les images définitives feront l’objet d’un dépôt aux archives départementales et d’une exposition en 2021 à la Galerie d’Art du département à Aix-en-Provence.

La présentation actuelle se veut une étape de travail qui met en avant à la fois la démarches des auteur.e.s et les premières images produites.


Le Centre Photographique Marseille remercie le département des Bouches-du-Rhône pour cette initiative et toutes ses équipes mobilisées sur le projet. Merci également à tous les photographes et à toutes les personnes qui les ont accompagnés dans les territoires.


Mollèges ©Aurore Valade

Venelles ©Pierre Girardin

Le label inédit des Capitales Provençales de la Culture, a été créé par le Département des Bouches-du-Rhône en 2017 avec la ville de Trets. Il consiste à mettre en valeur l’action culturelle des communes sur l’ensemble du territoire.
Pour cette nouvelle saison, de septembre 2020 à février 2021, les Capitales Provençales de la Culture concernent 7 communes : Auriol, Cassis, Mollégès, Port-Saint-louis-du-Rhône, Saint-Cannat, Sausset-les-pins et Venelles. Grâce à ce label, le département accompagne les communes de moins de 15 000 habitants à construire et valoriser les actions culturelles menées sur l’ensemble du territoire.

Outre une programmation culturelle proposée au public dans chaque commune, des grands chantiers et des réflexions peuvent également être menées selon les besoins des communes. L’objectif du dispositif des Capitales Provençales est d’aider les communes à mettre en place une saison culturelle, et diversifier leurs propositions artistiques, faire venir de grands opérateurs culturels sur l’ensemble du territoire mais également favoriser la circulation des publics entre les communes.



Visuel : Auriol © Franck Pourcel

Résidences de créations partagées / 13 HABITAT / 2017-2020

Le bailleur social 13 Habitat a confié en 2017 au Centre Photographique Marseille un projet de création partagée sur trois années.

13 Habitat fêtera son centenaire en 2020* et souhaite valoriser, faire découvrir ou redécouvrir son patrimoine bâti et naturel et éclairer les initiatives locales, individuelles ou collectives qui font la richesse et l’identité des « cités »et de leurs alentours.
Pour le Centre Photographique Marseille, c’est l’occasion exceptionnelle d’engager trois artistes photographes pour conduire chacun, et dans la durée, un projet artistique impliquant les habitants.
La création partagée, ce sont des rencontres singulières entre artistes et locataires pour produire et réfléchir sur l’image — du quartier, des habitants, de chacun — ce qu’elle porte, ce qu’elle raconte de nous aux autres. Chaque artiste, par la proposition qu’il met en place, s’engage par l’échange pour développer une œuvre qui déplace les clichés et ouvre sur le monde.

Mêlant proposition et écoute, disponibilité et invitation à faire, chacun cherche à susciter le désir des habitants de participer et partager leurs expériences singulières, en allant par exemple rechercher des images dans leurs archives personnelles ou en produisant de nouvelles images en lien avec la proposition de chaque artiste, en consignant des récits ou se mettant en scène.
Par le biais de l’incitation à faire que chaque artiste cultive à sa manière, ces personnes se mettent à confier à ou par l’image une part insoupçonnée de leur manière d’habiter le monde. Dans la reprise artistique qui en est faite, cet apport dépasse le témoignage ou le document pour faire œuvre et atteindre plus loin. Ne nous y trompons pas : l’image ou le récit ne sont ici dévoilement, indiscrétion ou jeu de dupes. La création partagée est tout le contraire : l’artiste, parce qu’il se porte comme auteur, éveille, nourrit et comble un désir ténu, à peine conscient, chez ses interlocuteurs. La nécessité de faire œuvre, d’inscrire ces échanges dans sa propre écriture artistique amène chacun à inventer une forme adhoc.


Le projet possède son blog à l’adresse suivante : https://projetscreationpartagee.tumblr.com

Quatre résidences déployées sur trois ans et dans cinq cités. Elles ont été confiées à :
Suzanne Hetzel  : Pierre Semard et Marius Maurin à Arles
Yveline Loiseur : les Néréïdes, les Bosquets à Marseille
Didier Nadeau  : la Rose, le Plan à Marseille
Arnaud Théval  : Campagne-Lévêque à Marseille

Sans oublier Emma Grosbois, Octavia de Larroche, Karine Maussière et Doriane Souilhol qui ont accompagné le projet la première année.

*« Donner la possibilité à nos locataires de côtoyer des artistes et de créer avec eux, en partant de leur vécu dans la cité, c’est leur ouvrir les portes de tout un univers culturel qui n’est pas facilement accessible, explique Lionel Royer-Perreaut, président de 13 Habitat. Et pourtant, la création, l’art, la culture sont des vecteurs d’émancipation et d’enrichissement personnel dont nous avons tous besoin pour mieux vivre en société. En tant que bailleur social responsable, nous nous devons d’accompagner ainsi nos locataires dans leur parcours résidentiel, en leur offrant de nouveaux horizons  ».

Visuel issu du travail mené par Arnaud Théval avec les élèves du Lycée Saint-Exupéry. Merci au Musée d’Histoire Naturelle pour son aimable participation.

Résidence Pytheas / Création Partagée / 2011-2013


Artiste Invité : Guillaume Janot

La particularité de ces ateliers participatifs est de rassembler des publics différents : des amateurs de photographie, des personnes en insertion et des collégiens. Guillaume Janot et Les Ateliers de l’Image suivent en alternance, selon une fréquence d’un atelier tous les quinze jours, ces publics divisés en 4 groupes et répartis sur deux secteurs géographiques : Centre-Ville et 13/14èmes arrondissements de Marseille.

 Un groupe de personnes (15 à 20) en insertion mobilisées par le relai des référents sociaux du 14ème.

 Un groupe amateur (10 à 15 personnes) mobilisé par le relai de la MPT Panier.

 Un groupe mixte insertion/amateurs (10 à 15 personnes) mobilisé par le relai des référents sociaux du 13ème et du Centre Social La Garde (13013).

 Deux classes de collège des collèges Renoir et Rostand (13013).

La finalité de ces ateliers participatifs est la réalisation d’une oeuvre collective portée sur la question du parcours entre deux territoires urbains, entre deux univers géographiques, entre deux espaces d’expressions.

Ces ateliers ont démarré en septembre 2011 par une présentation en images de l’artiste par l’artiste et des participants par eux même. Ils ont été invités à apporter une image importante pour eux issue de leur collection personnelle. A ce stade du projet, le groupe tente de répondre à cette question :

De quelle nature est l’intérêt de chacun pour la photographie ? Cette question importante est le point de départ du processus de création collective. Elle ouvre un cheminement essentiel et majeur du projet artistique : celui allant du territoire individuel de chaque participant vers le territoire plus vaste et pluriel du collectif.

Les participants sont accompagnés par Les Ateliers de l’Image lors d’ateliers de sensibilisation (visites d’expositions, conférences), d’initiation et de pratique, et ce en lien avec l’orientation artistique du travail initié avec l’artiste. Le projet prévoit la programmation d’évènements spécifiques notamment des prises de vues collectives dans l’espace urbain qui réunissent l’artiste et les participants adultes des différents groupes. Ces balades urbaines sont accompagnées par des spécialistes du territoire (urbaniste, historien, artiste promeneur…). L’œuvre se réalise au rythme des espaces et des temps parcourus.

Guillaume Janot est né à Nancy en 1966, il vit et travaille à Paris et enseigne aux Beaux-Arts de Lyon. Sa pratique photographique, essentiellement liée au voyage et au déplacement, questionne le statut de l’image et ses usages en oscillant entre documentaire et fiction, réalisme et faux semblant.

La Résidence Pythéas 2011/2013 est financé par le Conseil général des Bouches-du-Rhône service Culture ET service Insertion, par MP 2013 et la préfecture des Bouches du Rhône. En partenariat avec le Centre Social La Garde.

Résidences de création / La Nuit de l’Instant / 2017-2020

Historique en cours de rédaction
Glasgow 2017 : Camille Fallet
Glasgow 2018 : Valentine Vermeil et Kotryna Ula Kiliulyte
Hambourg 2021 : Moussa Sarr et Hoda Tawakol

Résidence Pytheas / Création Partagée / 2014-2016


Artiste Invité : Thierry Fontaine
Le travail de résidence de création partagée initié par Les Ateliers de l’Image a permis deux années d’un travail participatif entre un photographe de renommée internationale, Thierry Fontaine, et un groupe d’habitants de Marseille.

Il nous permet de découvrir le parcours effectué par des personnes très différentes : des lycéens et lycéennes, des élèves ingénieurs, des adultes en insertion, des salariés, des mères de famille... Toutes ces personnes se sont trouvées réunies parce qu’elles fréquentent le même territoire, autour de Malpassé, de la Rose et du Centre social La Garde, que ce soit pour leurs études, leur travail, ou bien tout simplement parce qu’elles y vivent.
La production d’images a été intense, riche, difficile parfois, mais toujours portée par un désir d’ouverture vers le monde.
Que ce soit pour parler de soi ou de son univers personnel - et il n’y a pas d’âge pour cela - ou pour décrire son quotidien, son quartier, sa ville, chaque participant a développé son esprit critique, son sens de l’observation, et a réfléchi avec le groupe à la signification des images et leur impact esthétique. Les participants ont partagé leurs doutes, leurs questionnements, leurs joies et leurs plaisirs.
Toute l’énergie de l’atelier s’est ainsi traduite par une quête d’images vers des sujets aussi personnels qu’universels : la famille, la ville, le regard des autres, les images publicitaires, les transports, l’individu, le déplacement, le rêve, le déracinement, la métamorphose, la mer, la nuit...
Accompagnés par Thierry Fontaine, et Olivier Rebufa, ces amateurs ont tenté de construire les contours d’un territoire personnel, intime, qui se déplace à l’intérieur des territoires urbains de Marseille.

La Résidence Pythéas réalisée grâce au soutien de la Fondation Daniel et Nina Carasso, du département des Bouches du Rhône, de la préfecture des Bouches du Rhône, de l’école Centrale Marseille et en partenariat avec le Centre Social La Garde.

Marseille-Marseille / Commande Publique CNAP / 2013

Le projet « Marseille-Marseille » a été élaboré en réponse à une commande publique du Centre national des arts plastiques avec la collaboration des Ateliers de l’Image. Le photographe Guillaume Janot nous invite à découvrir la cité phocéenne à travers une série d’images grand format, témoignant du passage de l’artiste dans la ville et positionnées à des endroits stratégiques.

La pratique photographique de Guillaume Janot est essentiellement liée au voyage et au déplacement. A travers ses œuvres, il questionne le statut de l’image et ses usages en oscillant entre documentaire et fiction, réalisme et faux-semblant. Il refuse de se soumettre aux normes des genres photographiques, alternant portrait et paysage ou mixant l’un sur fond de l’autre et vice-versa. Il photographie avant tout des lieux de passage. Ses images d’apparence banale, se rapprochent du genre de la photographie amateur, mais elles dévoilent un caractère bien trop maîtrisé pour en être réellement.

Son travail contraste avec les images véhiculées par la publicité et les médias en allant volontairement jusqu’au cliché. Sous cette apparente simplicité, on discerne la société à l’état brut avec son lot de solitude, de violence et de banalité et pourtant dépourvue de pathos. Elles jouent sur plusieurs niveaux de discours, en maniant le symbolique et en assumant les séductions de belles images.

Pour « Marseille-Marseille », commande publique du Centre national des arts plastiques, Guillaume Janot a choisi d’installer ses photographies grand format dans l’espace public. Si ce procédé n’est pas nouveau, l’originalité du projet réside dans la volonté de créer un véritable parcours urbain, qui questionne la ville à différents niveaux. Connaissant très peu Marseille, l’artiste s’est tout d’abord intéressé à sa géographie et son urbanisme. Il est allé encore plus loin en prenant en compte les questions du développement économique des quartiers et de la circulation des personnes.

Le principal obstacle a été de faire coïncider la réalisation des images avec leur installation sur les murs de la ville, sans pour autant modifier la nature même de son travail. Il produit des photographies qui témoignent de sa présence à Marseille, de l’identité forte de la ville et de son attachement à ses habitants.

Pour découvrir ce parcours, le visiteur pourra regarder depuis sa fenêtre, en sortant du métro, en roulant dans la ville. Il pourra également prendre le train pour Pico Busserine, marcher jusque Saint-Barthélemy, ou encore prendre le bus pour La Rose.

Avec « Marseille-Marseille », Guillaume Janot nous invite à déambuler dans la ville, à la découvrir sous un nouveau jour et à voyager de Marseille à Marseille.

Résidence Pytheas / Création / 2006-2007


Artiste Invitée : Stephanie Kiwitt

"Mon travail artistique est issu des phénomènes du quotidien urbain dans l’espace public. Le quotidien, c’est pour moi une continuité de déroulement d’actions, réglées par des normes, des structures d’organisation. Ce qui m’intéresse ce sont ces états du quotidien, dans lesquels cette continuité est interrompue, soit par des incidents imprévus (ordres hors fonctionnement, annulés, abrogés …), soit par un comportement divergent d’individus.
La photographie est pour moi un moyen de visualiser ces phénomènes, de les transférer dans le contexte du regard et de la confrontation.

Dans "CORNERVILLE" je décris l’espace public comme un espace architectural qui est, par des intérêts de groupe ou les besoins individuels de ses habitants, transformé, déformé sans arrêt ; mais qui de la même façon influence le comportement de ses habitants.
Pour l’exposition j’essaie de rendre visible ces espaces où il n’y a plus d’habitude et pas de structure homogène."

L’exposition à La Traverse finalise le travail de Stephanie Kiwitt à Marseille, dans le cadre de la résidence Pytheas aux Ateliers de l’Image.

Le projet Cornerville a été rendu possible grace au soutien du ministère allemand de la Culture. Il a fait l’objet d’une édition chez GwinZégal en 2008.
L’exposition Cornerville a été montrée pour la première fois à La Traverse en 2007, puis à Kiel, Liepzig, Lectoure, New-York...

Résidence Pytheas / Création / 2009-2010

Artiste Invitée : Anne Penders

L’exposition s’appelle « de Chine », d’où vient ton intérêt pour la Chine ?

Après avoir beaucoup « tourné autour » de la Chine, j’y suis finalement allée une première fois en 2001, puis en 2002/2003 et enfin en 2006.
Aujourd’hui, d’une certaine façon, je transporte la Chine avec moi.
Mais l’idée de travailler sur la Chine à Marseille n’est pas venue tout de suite.
La grande question pour moi (posée par le principe même d’une résidence en France) était plutôt comment continuer à travailler en Europe alors que mon travail a surtout été porté par l’Asie et l’Amérique du Nord, inspiré par les lieux traversés, habités sur des temps de passage plus ou moins longs (sachant que c’était « chez moi », de retour à Bruxelles, que je travaillais le matériau accumulé « ailleurs »).

Depuis plusieurs années j’avais envie de travailler sur l’Asie hors d’Asie. A Marseille, j’ai voulu développer ça et aussi l’idée d’immobilité. Ce que j’appelle l’immobilité : une forme de contemplation, que j’ai toujours transporté avec moi, partout.
Le lien entre les deux c’est fait à Marseille, et c’est comme si travailler sur la Chine ici me permettait de vivre en Europe … je sais pas comment dire autrement.

Et puis, ce qui m’a touchée aussi, c’est que je me suis rendu compte que ma vision de la Chine à Marseille, ou plutôt du côté chinois de Marseille, était partagée par des Chinois vivant ici - alors qu’il n’y a rien de vraiment tangible, ou explicable dans le fait que Marseille fait penser à la Chine …

Exposition à La Traverse en mai 2009 suite à une résidence écriture du lumière au Collège du Vieux-Port à Marseille

Été Culturel 2023 - Rouvrir le Monde

Pour la troisième année consécutive, le ministère de la Culture a mobilisé en 2023 des budgets
spécifiques destinés à maintenir une présence et une activité artistique et culturelle sur le territoire.
La DRAC Paca a de nouveau invité le Centre Photographique Marseille à accompagner des artistes
de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur à Rouvrir le Monde à travers des projets partagés avec
des enfants, des jeunes, des familles, des seniors, des publics en difficultés pendant l’été 2023 et
durant les vacances de la Toussaint. Il s’agit pour les artistes de (re)trouver le chemin de la création
durant ces vacances et de partager leur travail tout en développant une pratique artistique avec des
personnes de tout horizon.

Le Centre Photographique Marseille est heureux d’avoir pu accompagner pour cette édition 16 artistes
photographes dans le cadre de ce dispositif. À l’image des usages multiples de la photographie
contemporaine, chacun·e a pu à sa manière approfondir une démarche artistique qui lui est propre
tout en tissant des liens féconds avec un public. Cela a été l’occasion également pour les publics
bénéficiaires de venir découvrir un lieu culturel du territoire et de s’approprier une proposition
artistique. A la suite de ces résidences Rouvrir le Monde, de nombreuses visites d’expositions ont pu
être organisées et ce n’est que le premier pas vers des relations pérennes que le Centre a à coeur de
nourrir et d’enrichir.

Pour la majorité des projets, une sortie de résidence a pu être organisée : sous forme d’exposition
éphémère dans les structures d’accueil ou au Centre Photographique Marseille, d’édition d’affiches en
risographie, de leporellos, de projections en plein air ou au cinéma, de rencontres et de présentations
ouvertes au grand public, d’édition de livrets ou de mini fanzines… Diverses formes de valorisation
qui ont en commun de mettre en lumière un même objectif pour tous ces artistes : la transmission
via une création partagée.

A tout de point de vue, l’édition 2023 de l’Eté culturel – Rouvrir le monde a été un franc succès
et le Centre Photographique Marseille tient à remercier l’ensemble des acteurs et actrices qui ont
permis l’aboutissement de tous ces foisonnants et passionnants projets : les artistes, les publics, les
structures d’accueil, les structures culturelles et sociales partenaires, la DRAC PACA et le ministère
de la Culture.

Le présent bilan est dédié à la mémoire d’Hélène Lorson, conseillère action culturelle et territoriale pour
les Bouches-du-Rhône à la DRAC Paca.

Bords de mer/Commande publique 2023-2024

Dans le contexte de l’Olympiade Culturelle, le Centre Photographique Marseille - avec le soutien principal du Département des Bouches-du-Rhône et celui de la DRAC PACA / Ministère de la Culture - a lancé une commande photographique auprès des auteur·e·s photographes du département. Cette commande répond au double objectif du CPM et de ses partenaires de soutien à la création et aux artistes, et de valorisation des territoires.


Cinq artistes photographes résidant dans le département des Bouches-du-Rhône ont été sélectionnés : Françoise Beauguion, Simon Bouillère, Julia Gat, Pierre Girardin et Maude Grübel.

Le jury de sélection était composé cette année par :
• Hélène Audiffren, conseillère pour les arts plastiques à la DRAC PACA
• Christophe Wiesner directeur des Rencontres d’Arles
• Grégoire Edouard artiste photographe
• Éric Sinatora directeur du GRAPh-Cmi à Carcassonne et co-président du réseau Diagonal
• Agnès Goudail directrice-adjointe des archives départementales des Bouches-du-Rhône.

Le travail des artistes questionne notre rapport à un espace maritime commun via des pratiques sportives mais aussi de loisirs, des activités familiales ou amicales, des préoccupations sociétales ou environnementales. La commande a aussi fait naître des collaborations entre les artistes photographes et des personnes du territoire incluant ainsi le public dans le processus de création. Cela a concerné, entre autres, des usager·e·s des bords de mer à Marseille ou à la Calanque de Figuerolles à La Ciotat, des pratiquant·e·s d’associations sportives handisport à la Base Nautique de Corbières ou celle de Pointe Rouge, ou encore les fans du club de supporter Maritima Supra, à Martigues.


Bords de Mer, 2024. Pierre Girardin ©ADAGP

Bords de mer, Maritima Ultra © Simon Bouillère

L’avancée du travail des 5 artistes a été montré dans le cadre de l’exposition À l’œuvre#3 au Centre Photographique Marseille.

Comme les commandes précédentes (Patrimoine Commun 2020-2022), les oeuvres produites font l’objet d’un don aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône , dans des boites archives 30x40 cm que vous pouvez consulter.

Une exposition spécifique et imposante faisant partie de la programmation satellite des Rencontres d’Arles dans le cadre du Grand Arles Express a pu prendre place sur le mur de 74 mètres de long du jardin des Archives départementales des Bouches-du-Rhône durant plusieurs mois.


Vue Bords de Mer, Archives départementales des Bouches-du-Rhône ©CPM/Emma Cozzani



Visuel : Julia Gat, Bords de Mer 2023-2024

Résidence Pythéas 2021/2022

La résidence Pytheas, véritable bourse de création, permet chaque année depuis 3 ans à deux artistes de la région Sud d’entamer, de poursuivre ou de terminer une recherche personnelle en photographie. En 2021-2022, Guillaume Chamahian et Martine Dawson ont ainsi pu développer des travaux assez radicalement différents : une déambulation subjective entre l’espace urbain et l’espace intime pour l’une ; une véritable anthropologie des images sous la forme d’un triptyque vidéo pour l’autre.


Guillaume Chamahian

Guillaume Chamahian né en 1975 est un artiste autodidacte. Il fait partie du réseau Documents d’Artistes PACA. Son travail est représenté́ par la galerie Lhoste Art Contemporain (Arles) et par la galerie Analix Forever (Genève). Il a fondé et dirigé le festival Les Nuits Photographiques à Paris, événement dédié aux nouvelles formes d’écritures photographiques.

Paul Ardenne, critique et Historien de l’art, écrit à propos de son travail : « Guillaume Chamahian a développé́ une œuvre singulière, particulièrement originale, à la croisée de la photographie documentaire, de l’art conceptuel et de l’art de dénonciation politique et d’investigation. Son domaine de prédilection est la relation collective aux images issues de l’univers politique, dont sa photographie, fréquemment accompagnée de commentaires ciblant précisément leur objet, se saisit pour en permettre une relecture distanciée. Un artiste du réel, de ses représentations et de leurs traitements et retraitements. » Aujourd’hui l’artiste quitte - provisoirement - le champ des conflits pour se pencher sur le paradoxe entre l’absurdité de notre existence et sa puissance mystique. Déjà prégnant dans les thèmes énoncés auparavant, la question de la place de l’Homme dans l’histoire universelle (la notre donc la sienne) est un rapport au monde, à l’espace et au temps qu’il invite, qu’il interroge.

« Quand on avale il se produit un grand tumulte est une installation vidéo accompagnée en Live de la musicienne Lady H. L’installation se présente sous la forme d’un triptyque vidéo où l’ordre et la durée des images sont définis aléatoirement par un programme. C’est une anthro¬pologie des images, une sorte de tes¬tament visuel, un large corpus d’images qui convoquent la mythologie, l’histoire, la cosmologie, la science, l’art, les vies microscopiques, notre monde contem¬porain ; en somme « la nature » au sens commun du terme. Tisser une constel¬lation entre notre mémoire individuelle (images intérieures) pour interroger la mémoire collective (images extérieures).
Il existe aujourd’hui 1200 images mais la production continue jusqu’à épuisement, essoufflement. »

- Guillaume Chamahian

©Guillaume Chamahian


Martine Dawson

Martine Dawson est née à Paris en 1988. Aujourd’hui basée à Marseille, son travail photographique prend la forme d’un documentaire qui souhaite intégrer à ses récits l’imaginaire, ainsi qu’une dimension sentimentale et personnelle.
Influencée par une première formation en géographie, la question de la construction de l’identité en lien avec un territoire est centrale dans son travail. Ainsi, elle conduit des projets qui prennent le temps de s’ancrer dans des espaces donnés (Le Nord, Sonnette avec Melissa Boucher, Everyone seemed to be dancing out their own loneliness).
Dans l’envie d’explorer différentes formes narratives et de poser la question de la subjectivité, elle construit des projets hybrides, qui associent parfois des images et documents d’archive à sa propre production photographique.
Depuis 2013, elle participe à de nombreux festivals et projets collectifs qui lui permettent d’exposer son travail dans différentes villes en France et à l’étranger. En 2019, elle obtient la bourse de soutien à la photographie documentaire du Cnap, et en 2021, elle publie son premier livre monographique, Parfois il pleut sur les îles orange vertes bleues.


Rêves récurrents d’orques.

« Je fais des photographies de la ville la nuit, comme une excuse pour une errance sans but, comme pour me réapproprier des espaces qui me semblent interdits.
Je fais des photographies des corps, de l’intimité, pour ouvrir un espace d’échange sur nos vécus et nos imaginaires, repenser ensemble nos regards et nos modes de représentation.
Collection entremêlée, la série Rêves récurrents d’orques propose de déambuler entre la ville et l’intime, deux espaces qui nous apparaissent de manière discontinue. Leurs éléments morcelés révèlent la tension entre intérieur et extérieur, qui conditionne nos gestes et nos trajectoires, et impacte nos corps de femmes, tantôt contraints, tantôt impatients, en nous rappelant que les usages de l’espace sont toujours différenciés. »

- Martine Dawson

©Martine Dawson

Visuel : ©Martine Dawson

Résidence PYTHEAS / 2020-2021

Dans le cadre de ses missions de soutien aux artistes, le Centre Photographique Marseille a lancé un appel à candidatures pour deux résidences de création à destination des artistes auteur.e.s photographes vivant dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Cet appel à candidatures s’inscrit dans la cadre du programme Capsule mis en place par le Ministère de la Culture, qui permet d’accueillir chaque année et durant trois ans, des artistes en résidences de création au sein de centres d’art spécialisés en photographie.

Tous les champs de la création photographique sont concernés. Les artistes sont soutenu.e.s et accompagné.e.s par le Centre Photographique Marseille pour mener un travail artistique personnel. Face à la crise sanitaire et sociétale, le choix s’est porté pour cette série de résidences vers un soutien accru aux artistes vivants et travaillant sur le territoire régional.

Pour la résidence Pytheas, le choix des deux artistes sélectionné.e.s favorise les pratiques qui établissent des liens avec le projet artistique du CPM, notamment les travaux qui questionnent (sans préférence particulière) le médium, les médias, l’histoire, la société, le territoire ou encore l’environnement. Un jury d’experts indépendants a désigné deux artistes suite à un appel à candidatures qui a réuni 52 propositions.


LES LAURÉAT.E.S 2020/2021 :

APOLLINE LAMORIL ET DORIAN TETI


LE JURY :
• Helène Audiffren, conseillère arts plastiques à la DRAC PACA
• Diane Pigeau, directrice artistique du 3bisF
• Magali Avezou, curatrice indépendante
• Camille Fallet, artiste
• Erick Gudimard, directeur du CPM

Le travail de sortie de résidence d’Apolline Lamoril, pour son projet Martine de Bandol, et de Dorian Teti pour son projet H115, ont été présenté lors de l’exposition collective À l’oeuvre, qui s’est tenu au Centre Photographique Marseille de décembre 2021 à janvier 2022.


APOLLINE LAMORIL

Martine de Bandol prend pour point de départ la découverte durant l’été 1969 d’une jeune femme morte dans les toilettes du Casino de la ville suite à une overdose d’héroïne. À travers les échos, analogies et coïncidences constatées, l’ensemble présente une juxtaposition de documents et images hétéroclites tissant des liens entre différentes temporalités, qui se déploient autour de la mer Méditerranée, de ses histoires et
symboles. La forme finale choisie par Apolline Lamoril met à distance le fait divers de départ pour l’ouvrir sur
une évocation intime et historique des enjeux présents dans cette histoire : la jeunesse, le deuil, la mer, le manque d’idéal…


© Apolline Lamoril, Vue aérienne de l’Ile de Bendor, circa 1970, extrait de Martine de Bandol, 2021.

DORIAN TETI

Le titre du projet de Dorian Teti, H115, renvoie à une formule d’émail qui a fait la réputation de la ville de Vallauris. Le travail se focalise sur un ensemble de céramiques et d’outils récupérés dans l’atelier de Fernande Elena, céramiste depuis plus de 50ans et qui a légué à l’artiste une partie de ses moules et objets. Dans une relation proche du maître à l’élève, Dorian Teti interroge ce qui constitue un patrimoine et le statut des objets qui le compose, en combinant trois approches : la photographie, l’imagerie 3D et la céramique.


© Dorian Teti, H115, 2021.

Visuel : © Apolline Lamoril

Résidence Pythéas / 2023-2024

La résidence Pythéas est une véritable bourse de création qui permet depuis quatre ans de développer un projet particulier.

Tous les champs de la création photographique sont concernés. Les artistes sont soutenu·e·s et accompagné·e·s par le Centre Photographique Marseille afin de mener un travail artistique personnel en cours de réalisation, qu’il s’agit de poursuivre ou bien de terminer, sans obligation réelle de résultat. Pour la résidence Pytheas le choix des deux artistes, sélectionné·e·s chaque année par un jury indépendant, favorise les pratiques qui établissent des liens avec notre projet artistique, notamment les travaux qui questionnent (sans préférence particulière) le médium, les médias, l’histoire, la société, le territoire ou encore l’environnement.


Coline Jourdan

Coline Jourdan, née en 1993, vit et travaille en Bretagne. Son travail articule les questions de la perception et de la représentation du toxique à celle de sa relation avec la matière, l’espace et l’image. Ses projets photographiques engagent une réflexion sur sa présence dans notre environnement quotidien et sur ses impacts souvent imperceptibles. Son travail a été présenté dans des expositions collectives et personnelles. En 2023 son travail est présenté lors d’expositions collectives, à la BnF dans le cadre de l’exposition L’épreuve de la matière, mais aussi à C/O Berlin lors de l’exposition de Boaz Lanvin Image ecology. L’année suivante son travail est finaliste pour le Prix Découverte des Rencontres d’Arles et est exposé lors du festival international de photographie.


©Coline Jourdan

Les bruissements de l’eau

« J’ai commencé à questionner nos relations aux paysages et à la nature par le prisme des impacts que nos activités pouvaient avoir sur nos territoires ; des traces, souvent imperceptibles, que nous pouvions laisser dans les espaces naturels lors de nos quêtes incessantes de profit et d’abondance. J’essaye de prendre toutefois soin d’aborder la question sans tomber dans certains lieux communs de l’écologie. Cette recherche commence par un travail de terrain, me rendant sur des lieux contaminés, j’en retravaille ensuite les images pour modifier la perception que l’on peut en avoir. Ce trouble jeté dans l’économie des représentations me permet d’interroger la « vision » des hommes sur leur environnement.

En 2018, cette recherche me mène sur les rives du Rio Tinto. Ce fleuve de la province espagnole de Huelva, fait partie de ces fleuves dont le passé offre une perspective sur le présent. Son histoire est marquée par la dynamique de l’extraction et de l’expansion : s’appuyant sur les riches gisements de minerai de la région et sur une tradition minière qui remonte à l’Antiquité, il raconte l’histoire d’une privatisation des mines au cours de l’industrialisation, une protestation brutalement réprimée des mineurs et les graves conséquences écologiques de l’extraction des matières premières. Ces dernières ont encore un impact sur l’état du fleuve aujourd’hui. L’activité de la compagnie Rio Tinto au 19ème siècle ne s’est évidemment pas arrêtée aux frontières de l’Espagne.

Lors de la résidence au Centre photographique de Marseille, je me suis intéressée à la pollution présente dans la rade de Marseille, à l’arsenic omniprésent dans les Calanques, mais aussi à l’Estaque. L’Estaque est un quartier du 16e arrondissement de Marseille, situé au nord-ouest de la ville. Il est réputé pour son ambiance de village et ses paysages qui ont inspiré de célèbres peintres. Aussi connu sous l’appellation de « ex-Rio Tinto », ce quartier abrite un ancien site industriel dont les premiers à l’avoir exploité pour traiter leur minerai en provenance de l’Espagne était Rio Tinto. Si cette friche fait désormais partie du paysage, elle aurait pu ne pas exister si l’on avait écouté l’avis des habitants. Ces derniers étaient, dès les années 1870, opposés à l’installation de ce site, mais à qui on a raconté que ces pollutions sont le prix à payer pour la prospérité. En sciences de l’environnement, la « vulnérabilité perçue » sur un territoire conjugue à la fois les risques auxquels il est exposé et la valeur humaine ou environnementales qu’il lui est accordée. Les bruissements de l’eau, s’intéresse à ce site, pose la question de la manière dont les traces visibles et invisibles de cette histoire industrielle s’inscrivent dans ce paysage. Je cherche donc à raconter ces lieux dans une démarche s’articulant entre le documentaire et l’expérimentation.

Pour cette part d’expérimentation formelle, l’eau de mer proche de ses sites est récoltée, puis utilisé pour faire image (des papiers salés en cours de réalisation). Pour la réalisation de tirages en papier salé, l’eau doit être neutre, sinon des impuretés et imperfections apparaissent. J’observe donc les paysages à la recherche d’une pollution invisibilisée et d’un équilibre sensible entre le passé industriel et la beauté des lieux. Cette recherche vise à dévoiler la catastrophe en cours, sans essentialiser ce paysage pour photographier au mieux la complexité d’une pollution dissimulée. »

-Coline Jourdan

©Coline Jourdan


Visuel : Coline Jourdan