Antigoni Papantoni, Florine Thiebaud et Alexandre Fournier Biville

[MDC#4] Grèce & identité(s) - Mercredi 1er juillet à 19h00

Centre Photographique Marseille

Mercredi du Centre #4
Grèce & identité(s)
Mercredi 1er juillet 2026 à 19h00
Entrée libre dans la limite des places disponibles

Antigoni Papantoni, Florine Thiebaud et Alexandre Fournier Biville présenteront leurs projets autour de la Grèce et des questions d’identité, d’exil et d’appartenance. Entre récit personnel et approche documentaire, les trois artistes explorent la notion de foyer à travers des trajectoires singulières.

Antigoni Papantoni évoquera son livre You Can’t Go Home Again, un projet autobiographique dans lequel elle explore son expérience entre la Grèce et la Suisse et interroge le déplacement culturel, le sentiment d’entre-deux et la manière dont se réinvente la notion de foyer. Florine Thiebaud présentera Breaking Point, un ouvrage qui s’attache à documenter un aspect plus discret, mais tout aussi déterminant, de l’exil : l’attente. Alexandre Fournier Biville présentera quant à lui Rebetika Proastia, un projet photographique qui propose une plongée dans la vie nocturne athénienne, au cœur des ambiances et de la communauté des musicien·nes et chanteur·ses du rebetiko.

Ouverture des portes dès 18h30 et début de la rencontre à 19h00.

On espère vous y voir nombreux·ses !
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À propos

Antigoni Papantoni

Antigoni Papantoni (Athènes, 1987) est une artiste et photographe vivant entre Lausanne et Athènes. Diplômée de l’École de Photographie de Vevey, elle développe une pratique centrée sur la mémoire, l’appartenance et les récits personnels à travers la photographie, le livre et l’installation.
Son premier livre, you can’t go home again, explore la notion de foyer et a été diffusé à l’international. Son projet actuel, KAIROS, lauréat du near. prize 2025 et sélectionné pour les DUMMY AWARDS 2026, s’intéresse aux formes invisibles de violence normalisée.
Parallèlement à son travail artistique, elle est active dans le cinéma documentaire indépendant et anime depuis 2023 des ateliers collectifs de photographie sur l’île d’Anafi.

Elle développe une pratique photographique qui explore les liens entre mémoire, perception et expérience vécue. À travers l’image, le texte, le livre photographique et l’installation, elle construit des archives personnelles qui interrogent les notions d’appartenance, d’identité et de conscience collective.
Son travail repose sur une approche intuitive de la collecte d’images, conçues comme des fragments de mémoire et de présence. Les projets qu’elle développe, notamment You can’t go home again et KAIROS, se construisent à travers des processus de réédition et de recontextualisation qui révèlent l’évolution du sens des images dans le temps.
Nourrie par la photographie, le cinéma, la littérature et les pratiques contemplatives, elle conçoit ses installations comme des espaces de rencontre où le spectateur est invité à prendre part à une expérience sensible et réflexive. Son travail vise à faire de l’image un vecteur de dialogue, de connexion et d’attention partagée.

Plus d’informations sur Antigoni Papantoni, ICI.

Florine Thiebaud

Artiste basée à Marseille, Florine Thiebaud développe une pratique mêlant photographie, vidéo, livre d’artiste et performance. Son travail explore les formes de contrainte qui traversent les corps, les récits et les mémoires, en s’intéressant aux mécanismes d’attente, de déplacement, de transmission et de réparation. À travers des projets au long cours, elle construit des œuvres où l’expérience individuelle révèle des réalités sociales et politiques plus larges.

Réalisé entre 2017 et 2019 en Grèce, Breaking Point s’inscrit dans cette démarche. Au fil de plusieurs séjours sur les îles de Chios et de Leros, ainsi qu’à Athènes, l’artiste noue des relations durables avec des personnes en demande d’asile dont elle partage le quotidien. Loin des images spectaculaires souvent associées aux migrations, elle s’attache à documenter un aspect plus discret mais tout aussi déterminant de l’exil : l’attente.
À travers des portraits, des paysages et des fragments du quotidien, Breaking Point rend perceptible cet état de suspension où le temps semble se figer. L’attente d’une décision administrative, d’un départ possible ou d’une vie à reconstruire devient le véritable sujet du projet. Les jours se répètent, l’incertitude s’installe et l’espoir persiste malgré tout.

Par une approche sensible et attentive, Florine Thiebaud restitue la singularité des personnes qu’elle photographie sans les réduire à leur statut d’exilés. Son travail donne à voir des trajectoires humaines marquées par la résilience et questionne les dispositifs politiques et administratifs qui façonnent ces existences. Entre documentaire et expérience relationnelle, Breaking Point propose une réflexion profonde sur le temps, l’attente et les formes de résistance qui émergent dans les situations de précarité.

Plus d’informations sur Florine Thiebaud ICI

Alexandre Biville Fournier
Alexandre Fournier Biville est auteur et photographe. Installé à Marseille, il se tourne vers la photographie à l’âge de 23 ans en autodidacte avant de se former auprès d’Yves Jeanmougin entre 2014 et 2017. Il réalise régulièrement des commandes pour des festivals littéraires tout en poursuivant ses propres recherches photographiques en Normandie, en Grèce et en Corse.

Depuis 2022, il développe Rebetika Proastia, un projet photographique au long cours consacré aux lieux où le rebetiko continue de vivre dans les quartiers populaires d’Athènes. Cette série en noir et blanc est une plongée dans la vie nocturne de la capitale grecque, une immersion dans les ambiances, les tavernes et la communauté des musicien·nes et chanteur·ses qui perpétuent cette tradition musicale.

Le rebetiko est l’une des formes les plus populaires de la musique grecque, et sans doute la plus emblématique. Ce genre émerge à la charnière des années 1920 et 1930, au contact des traditions musicales venues d’Asie Mineure à la suite des bouleversements du début du siècle. Il se développe dans les quartiers populaires d’Athènes durant la décennie marquée par la Grande Catastrophe, traumatisme humain, social et économique dont l’empreinte demeure encore vive dans la société grecque contemporaine.

Aujourd’hui comme hier, cette musique résonne dans les tavernes de certains quartiers de la capitale. Une atmosphère empreinte de nostalgie habite ces soirées, traversées par la mémoire des musiciens d’autrefois. Chacun peut alors se laisser porter par les sons du bouzouki et de la guitare, et danser pour exorciser une existence oscillant entre désarroi et crise permanente — celle d’aujourd’hui comme celle qu’ont connue les générations précédentes.

Le rebetiko demeure ainsi l’une des voix les plus profondes de la Grèce contemporaine, une échappée musicale face aux turbulences sociales et politiques qui continuent de traverser le pays. C’est cette permanence, entre héritage et présent, qu’explore Rebetika Proastia. Le projet, ainsi que son titre, fait référence à l’album Laika Proastia de Sotiria Bellou.

Plus d’informations sur Alexandre Biville Fournier ICI

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Visuel de couverture : © Antigoni Papantoni