Camille Fallet

FOR WHOM THE BELL TOLLS (GO)

Du 29 mai au 25 septembre

Centre Photographique Marseille

Vernissage le vendredi 18 juin à 18h.

Exposition co-produite par le Festival Photo Marseille, dont Camille Fallet est l’invité d’honneur en 2020.

Le travail de Camille Fallet à Glasgow a été réalisé suite à deux résidences organisées par le Centre Photographique Marseille dans le cadre de la Nuit de l’instant 2018 (financement Institut Français/Ville de Marseille) en partenariat avec Street Level Photoworks, puis grâce au soutien du fond d’aide à la photographie documentaire du Centre national des arts plastiques.
Cette exposition fait partie de la programmation satellite des Rencontres d’Arles dans le cadre du Grand Arles Express.

"Camille Fallet photographie Glasgow à la chambre et veille à ce que chaque lieu et objet qu’il transcrit le soit comme l’indice le plus exemplaire et le plus éclatant de son esprit."

Si vous regardez Glasgow en vue aérienne, elle vous semblera bombardée. Ce qui fut la seconde ville de l’empire britannique, son grand port du métal, de la construction navale et de l’ingénierie ferroviaire, n’est aujourd’hui qu’une ruine restaurée à la sauvette. Sa forme est, pour l’essentiel, la trace de la révolution industrielle et de l’âge d’or victorien. L’architecture de cette période recouvre à peu près la stylisation et l’appropriation de tous les courants architecturaux des grandes civilisations. Elle orne son commerce, son administration, ses cultes et son
habitat. L’uniformité des grès rouges et ocres renforce son effet de décor. Glasgow fut splendide, riche et puissante.
Mais depuis les années 1920, elle s’effondre. Perdant presque la moitié de son million d’habitants, elle est dorénavant célèbre pour les 54 ans d’espérance de vie dans ses quartiers les plus pauvres de l’Eastend. Après une première tentative par le béton et l’automobile de redessiner sa géographie à la fin des années 70, la ville n’a survécu que par l’ablation de quartiers entiers. Les « merchant building », les « tenements » (immeubles collectifs du XIXe siècle), tout comme les grandes barres brutalistes ont disparu pour un monde du lotissement périphérique en crépi gris, créé grâce aux révoltes fiscales qui firent voler en éclat le grand Glasgow du Labour.

Aujourd’hui la ville se porte un peu mieux. Elle reste une place financière importante et la promotion immobilière rafle les nombreuses friches pour trois fois rien. Les mêmes forces du capitalisme que l’on retrouve en action ailleurs dans les villes occidentales dessinent le Glasgow que nous pouvons voir. Mais plus qu’ailleurs Glasgow est la forme même du capitalisme, dans ce qu’il a de plus impersonnel et de plus violent. Si la période du milieu du XIXe au milieu du XXe siècle la voyait s’accompagner de la modernité en art et fut concomitante du développement de la photographie, j’ai bien peur qu’aujourd’hui esthétiquement elle ne s’accompagne de rien d’autre que de sa muséification comme unique horizon.

BIOGRAPHIE :
Camille Fallet, mène depuis quinze ans un travail d’artiste, qui aborde les questions de l’expérience du lieu et de sa transcription au travers du document lyrique. Sa recherche est aussi celle d’images antérieures, liées à un imaginaire personnel. Dans cette mémoire visuelle associative, la notion de découpage, au double sens d’extraction et de séquence, tient une place essentielle. Camille Fallet s’inscrit sur la scène artistique par des expositions régulières dans des centres et lieux d’art contemporain. Après une exposition monographique au centre d’art Le Point du Jour à Cherbourg en 2018, l’obtention de l’aide à la photographie documentaire contemporaine du CNAP cette même année, il a été exposé aux Rencontres de la photographie d’Arles 2019 et à la Biennale für aktuelle Fotografie à la Kunsthalle de Mannheim en 2020. Son investigation de la photographie l’amène à expérimenter le commissariat d’exposition, comme en 2017 au Pavillon Populaire de Montpellier.

PROGRAMMATION ASSOCIÉE
AU CENTRE PHOTOGRAPHIQUE MARSEILLE :

  • Entretien avec David Bennassayag (date en attente de confirmation)
  • Une vision dystopique de Glasgow, lecture de Sylvain Maestraggi (date en attente de confirmation)
  • Films associés à l’exposition :
    - Histoires nées de la solitude (2009) - 36min - Sylvain Maestraggi
    - Jamaica Street, Glasgow (1901) BFI - 2min30
    - Blight (1996) - 14min - John Smith
    HORS LES MURS :
    Exposition THE BREAKING POINT, Galerie Zoème, du 12 juin au 30 juillet 2021, dans le cadre du festival Photo Marseille 2020. Vernissage le 17 juin à 18h
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